Le 3 juillet prochain, la ville coloniale de Québec commémorera le 400e anniversaire de sa fondation par Samuel De Champlain au nom du roi de France. À cette occasion, le fleuron provincial de la couronne britannique, le Royal 22e Régiment des Forces armées canadiennes (tout juste revenu de sa campagne en Afghanistan) se prévaudra de son « Droit de cité » en paradant dans les rues de Québec « tambours battant, drapeaux flottants et baïonnettes aux canons ». À l’appel de la coalition Guerre à la guerre, Bloquez l’Empire! vous invite à rejoindre les rangs de la dissidence et à manifester énergiquement contre cette démonstration écoeurante de la domination coloniale et du pouvoir impérial. **
Notez que la convergence, de façon générale, sera
à caractère familial ** >> ENDÔSSEZ LE CONTINGENT ANTI-COLONIAL! Dans le cadre
de cette convergence anti-guerre, Bloquez l’Empire!
lance un appel à la formation d’un CONTINGENT ANTI-COLONIAL
pour marquer notre opposition au caractère colonial du Canada
et du Québec, pour exprimer notre solidarité avec les
luttes d’autodétermination menées par les peuples
autochtones de l’Île de la Tortue (Amérique du Nord
occupée) et pour dénoncer la mascarade du 400e anniversaire
de la « fondation de Québec ». Nous vous
invitons à marcher sous la bannière «
400 de colonialisme : Pas de quoi célébrer! Le Canada
et le Québec sont des terres volées! ».
Nous encourageons tous les groupes, collectifs et organismes à
endosser le Contingent anticolonialiste et à participer à
la mobilisation. >> EMBARQUEZ-VOUS POUR QUÉBEC! Des autobus partiront de Montréal le 3 juillet, à 7 h PILE, du 1455 De Maisonneuve ouest (métro Guy-Concordia), pour rejoindre la manifestation à Québec. Veuillez réserver votre place par téléphone (514-848-7583) ou par courriel (blocktheempire@gmail.com) AU PLUS TARD LE 30 JUIN. Veuillez aussi nous indiquer votre numéro de téléphone pour que nous puissions communiquer avec vous advenant tout changement d’ordre logistique. Des membres de Bloquez l’Empire! pourront aussi vous appeler pour vous réveiller vers 5 h 30, si vous le désirez, pour inciter tout le monde à rejoindre les autobus à temps. Veuillez nous indiquer lors de votre réservation si vous souhaitez recevoir un appel « réveille-matin ». Nous
demandons une contribution de 10 $ par personne pour arriver à
payer les coûts de location des autobus. SVP, donnez davantage
si vous le pouvez. Personne ne sera refusé pour des raisons monétaires.
Les contributions peuvent être versées à l’embarquement. >> IMPLIQUEZ-VOUS! Finalement, les individus et groupes intéressés à participer à la coordination où à soutenir les efforts d’organisation (aide financière, prêt de véhicules, mobilisation et réseautage, soutien légal, etc.) peuvent communiquer immédiatement avec nous à blocktheempire@gmail.com. INFO :
blocktheempire@gmail.com
– 514-848-7583 – http://j3.amp-montreal.net Le Contingent Anti-Colonial est organisé par le collectif Bloquez l'empire Montréal avec l'appui des groupes suivants:
(PLUS DE CONTEXTE CI-DESSOUS)
400
DE COLONIALISME : PAS DE QUOI CÉLÉBRER! La colonie française de Québec fut fondée par Samuel de Champlain en 1608 à proximité des restes de l’ancien village Iroquois de Stadaconé. (Quelques générations avant, en 1536, le Français Jacques Cartier avait enlevé des enfants autochtones de Stadaconé pour les faire parader devant la cour du roi François 1er. À la fondation de Québec, les Iroquois avaient déserté la région, probablement sous la pression des conflits les opposant aux Montagnais et Algonquins, qui s’étaient "alliés" dès 1603 aux colons français. Kébec serait un mot algonquin.) Au cours des années suivantes, Champlain prit activement part à plusieurs campagnes militaires contre les Mohawks et les autres Iroquois. Nommé lieutenant de la colonie sous Louis XIII, il s’évertua à soutenir le commerce et à implanter la religion chrétienne en terre conquise, en plus de poursuivre « l’exploration » du territoire vers le nord-ouest. Considérée – dans la culture des colons – comme le « berceau de la francophonie en Amérique du Nord », Québec n'était en fait qu'une petite ville coloniale placée au service des intérêts économiques, politiques et religieux de la couronne française, et ce, jusqu’à la conquête britannique en 1759-1760. Depuis ce « tournant historique », Québec symbolise peut-être la survie du fait français en Amérique du Nord, mais 250 ans de lamentations nationalistes n’ont pas suffit à faire oublier que la France était, et est toujours, une puissance coloniale raciste et malfaisante, au même titre que l’Angleterre, l’Espagne ou le Portugal. Siège du gouvernement provincial, chef-lieu d’un État-nation capitaliste avancé et bastion fortifié du Royal 22e régiment des Forces canadiennes, la ville de Québec symbolise encore aujourd’hui le colonialisme européen, porteur de la suprématie blanche aux quatre coins du globe. Et
c’est cette horreur monumentale que l’on devrait célébrer
en 2008? Il est grand temps de dénoncer haut et fort cette mascarade! DE
QUÉBEC À KABOUL : PAS DE JUSTICE SUR DES TERRES VOLÉES
ET OCCUPÉES! D’abord formé de volontaires durant la Première Guerre mondiale, le Royal 22e est l'un des trois grands régiments d'infanterie au Canada. C'est le seul régiment d'infanterie entièrement francophone. Son quartier général se situe à la Citadelle de Québec et sa garnison principale se trouve à Valcartier, tout juste à l’extérieur de la ville. À l’automne 2007, dans le cadre de la mission impérialiste menée par les États-unis et leurs alliés en Afghanistan, quelque 2 000 soldat-e-s du Royal 22e furent déployé-e-s dans la province de Kandahar, officiellement pour combattre « l’insurrection » et soutenir les « efforts de reconstruction ». Cette inexcusable participation du Canada aux démarches bellicistes de l’administration étasunienne reflète un arrimage de plus en plus rigide des politiques extérieures des deux pays, une complicité assumée dans l’imposture historique qu’est la « Guerre au terrorisme », ainsi qu’une soumission aveugle de l’appareil d’État canadien aux intérêts des élites capitalistes transnationales. Le
22 juin 2007, quelques mois seulement avant le déploiement de la
garnison Valcartier en Afghanistan, à l’appel de la coalition
Guerre à la guerre, des milliers de personnes ont pris les
rues de Québec pour perturber la parade militaire organisée
à cette occasion (la première depuis la Deuxième
Guerre mondiale). En juillet 2008, l’ensemble des soldat-e-s de Valcartier seront revenu-e-s au bercail. Plusieurs d’entre eux/elles participeront à la cérémonie du Droit de cité, dans le cadre des célébrations du 300e. Selon le site du Royal 22e Régiment, « L'un des honneurs les plus convoités d'une unité en marche est celui de se faire conférer les privilèges et la distinction du Droit de cité. Le Droit de cité signifie littéralement l'octroi du privilège de défiler dans les rues d'une ville, tambours battant, drapeaux flottants et baïonnettes aux canons. Comme c'est le cas d'un si grand nombre de nos traditions, cette coutume remonte à plusieurs siècles dans l'histoire militaire britannique […] Lorsqu'un régiment, par ses vaillants et loyaux services avait gagné la confiance et le respect des citoyens, le conseil municipal pouvait lui accorder le Droit de cité. Une fois acquis, ce privilège demeure valide ad vitam aeternam ». Le même jour, pour ne pas être en reste, la Gendarmerie royale du Canada sortira son Carrousel à Québec, signalant par là à ceux qui ne l’ont pas encore compris que l'État canadien est un État policier. Ces aberrantes traditions font insulte aux peuples que l’Empire soumets quotidiennement à la domination coloniale et à l’oppression partout dans le monde. Il est grand temps de dénoncer haut et fort cette autre mascarade ridicule! Faisons comprendre au gouvernement canadien et à l’establishment québécois que leurs politiques néocoloniales, que ce soit en Afghanistan, en Haïti, ou ici même dans les territoires occupés de l’Île de la Tortue, ne passeront pas sans résistance. Le
3 juillet, prochain, sortons en grand nombre dans les rues de Québec
pour perturber les célébrations du 400e anniversaire de
la colonie et la cérémonie du Droit de cité du Royal
22e régiment. |